(Québec) Ça ne se sait peut-être pas encore, mais le concert d'Indochine au Festival d'été de Québec (FEQ) aujourd'hui a toutes les allures d'un privilège pour Québec. Car le Meteor Tour, qui affiche déjà complet presque partout en Europe francophone, s'amorcera seulement en octobre en France, à l'exception d'un concert à l'Olympia de Paris, qui a eu lieu fin juin.
Qu'est-ce qui a convaincu la formation française Indochine de venir en sol québécois pendant un été de repos? L'envie d'y être et les possibilités qu'offrait le FEQ.
«On a eu d'autres propositions de festivals cet été, mais on ne voulait pas aller dans des endroits où l'aspect visuel ne pourrait pas suivre. On n'aime pas décevoir nos fans et on aime venir avec nos écrans et tout notre matériel sonore; amplis, appareils de mixage, tout», explique le guitariste Olivier Gérard, alias Oli de Sat.
Fort du succès radio de Little Dolls, tiré de l'excellent album La république des météors, lancé au printemps, Indochine viendra faire danser Québec sur des airs d'aujourd'hui bien plus que d'hier. Lors de la précédente tournée, qui s'était arrêtée à Montréal en 2006 (un concert inoubliable!), Indochine avait joué presque uniquement des chansons de Paradize et de Alice & June, albums parus en 2002 et en 2005 et qui ont remis Indochine sur la voie du succès - le premier s'est écoulé à 1,2 million d'exemplaires.
Envie de jouer du neuf
«Indochine n'a jamais été un groupe qui ne parlait que du passé. Sur le set list qu'on est en train de faire, il y a 80 % de nouveaux morceaux et 20 % de succès des années 80. Ce n'est pas notre but de ne faire que des succès. On ne fait pas de nouveaux disques comme prétextes à des tournées. On fait des tournées parce qu'on a envie de jouer de nouveaux morceaux.»
Pour Indochine, défendre les nouvelles chansons sur scène tient du défi : il est hors de question pour les membres du groupe de s'asseoir sur leurs lauriers.
«La tournée Alice & June nous a confortés dans cette idée. Ça a été notre plus grosse tournée, donc ça montre que le public est prêt à nous suivre dans la nouveauté et c'est rassurant! C'est inexplicable maintenant qu'à 30 ans, on fasse une plus grande tournée encore! La magie continue...»
Indochine sera même le premier groupe français à s'offrir le stade de France le 26 juin 2010. Un an avant le concert, on affiche complet : 70 000 billets vendus!
«J'étais sceptique au début, mais Nicola [Sirkis] m'a convaincu en me disant que si on repartait en tournée et qu'on avait autant de succès que la fois précédente, il faudrait un challenge pour ne pas simplement refaire les mêmes lieux et faire six fois Bercy plutôt que trois. Et si les artistes de variétés français pouvaient remplir le stade, il n'y avait pas de raison qu'Indochine n'y arrive pas.»
Pari gagné! Si tout ce succès dure, c'est évidemment à cause de la force de la musique d'Indochine et probablement aussi à cause du lien particulier qui unit le groupe à ses fans. Une visite sur leur site Internet (www.indo.fr) vous en donnera une idée. Les membres du groupe l'entretiennent eux-mêmes et sur Indo TV, par exemple, tour à tour, les musiciens viennent répondre aux lettres des fans devant la caméra. Les Indo reporters, quant à eux, sont des fans tirés au sort qui assistent aux répétitions, aux concerts et mangent avec le groupe.
Ce lien de proximité se sent quand Indochine monte sur scène. L'échange entre le groupe et son public crée la magie, quelque chose d'unique.
Cette proximité pourrait rendre les fans envahissants, mais il semble qu'ils soient très respectueux.
«Indochine est un groupe très célèbre avec des fans très présents, mais quand on sort de scène, on redevient n'importe quel quidam dans la rue et ça, je crois que les fans l'ont compris. Moi, j'habite dans un village et j'oublie même qu'on peut me reconnaître! Quand on veut rester tranquille, il s'agit de se comporter normalement et ça veut dire ne pas se mettre des lunettes de soleil et aller sur les Champs-Élysées.»